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Chaque année à cette même période, des jeunes et moins jeunes, mélomanes ou justes curieux, affluent des quatre coins du monde pour (re)découvrir une ville qui se laisse porter par les vents des guembris et des fusions.
Le Festival s’est fait une renommée internationale qui attire de plus en plus de stars mais aussi des enseignes internationales qui se greffent désormais à cette fête de la transe. C’est le cas pour Renault Maroc qui s’ajoute à la liste des institutionnels «mélomanes» accros à Essaouira. Ce qu’il ne faut pas rater de cette 14e édition…
Rencontres Véritable carrefour musical, Essaouira s’anime d’une cacophonie transcendantale qui se laisse porter des cinq continents au quai de ce petit port de l’Atlantique par le vent des alizés. Après la danse enflammée des percussions africaines, de Baba Sissoko et de sa troupe Mali Tamani Revolution, mêlées aux sonorités du guembri Marrakchi de Kbiber, les festivaliers auront droit aux habituels fusions des genres. Vendredi, direction la mer des Caraïbes avec les Jazz-Racines Haïti accompagnés du digne héritier de la culture gnaouie, le mâallem Hassan Boussou. Samedi, rencontre entre les vibrations pianistiques de l’Arménien Tigran Hamasyan pour une fusion hors du commun aux portes de la médina, avec celui que l’on pourrait surnommer le militant de la musique marocaine, Mâallem Mustapha Bakbou, ex-membre des Jil Jilala. La tête d’affiche des gnaouis de la scène marocaine, Mâallem Hamid Kasri, se produira quant à lui sur le Bastion de Bab Marrakech, pour faire voler sa fameuse «Chalabate» entre deux mondes avec le duo de guitaristes Between Worlds (Afghanistan/Iran).
Découvertes... ... ou redécouvertes pour certains. Lorsqu’on évoque la musique de Salif Keita, ou le «Caruso africain» (la voix d’or de l’Afrique) on ne peut s’empêcher de penser à fois «différence et tolérance». Deux valeurs que cette cité des vents porte en elle depuis l’arrivée des premiers corsaires portugais aux portes de l’Atlantique. Ce chanteur compositeur malien au talent exceptionnel se produira ce samedi sur la scène Moulay Hassan, pour un concert inédit, qui réunira sans nul doute les foules de toutes les générations. À l’autre bout de la cité des Alizés, un voyage, ou plus exactement «le voyageur» K’naan. Deux ans après sa première visite au Maroc et plus exactement à Casablanca, le chanteur américain d’origine somalienne revient sur cette terre d’Afrique pour partager la culture des mâallems de la transe, le temps d’un concert. Celui qui aura fait vibrer le cœur de plusieurs centaines de milliers de personnes cet été à l’occasion de la Coupe du monde de football aura ainsi l’occasion de brandir son hymne aux vents de l’océan.
Transe Prenez un sage, une bête de scène, une force tranquille et un inspiré, vous obtiendrez le cocktail gnaoui du spectacle de clôture. Pour sa quatorzième édition, le festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira rendra hommage aux mâallems gnaouis, à travers un concert exceptionnel, réunissant quatre musiciens de talent : les mâallems Abdelkebir Merchane, Mohamed Kouyou, Mahmoud Guinea et Hassan Boussou. Une fusion des âges et des générations baptisée «Mâallem All Stars» qui donnera l’occasion à ceux qui ont encore un doute sur la magie de cette musique qui rehausse les cœurs et ravive les âmes, de découvrir une ode à la «transe-formation». Mais avant, au cours de ces trois jours restants du festival, les chalands à peine débarqués -leurs sacs chargés d’émotions- se laisseront bercer par les voix des maîtres de la musique qui, jusqu’à l’aube, se réunissent dans les ruelles de la médina pour des «lilas» sacrément secrètes. Pour y assister, il suffit juste de tendre l’oreille.
source: les echos |