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Mercredi, 16 Novembre 2011 12:17 |
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Mettre en lumière le meilleur de la littérature marocaine francophone. La Mamounia, mythique palace de Marrakech, s'y emploie en décernant un prix, attribué cette année à Mohamed Leftah (1946-2008) pour son dernier roman, publié il y a quelques mois.
L'histoire d'un officier de l'armée de l'air égyptienne, menant une vie bourgeoise paisible au Caire, entre sa femme et le club privé où il retrouve ses anciens collègues. Jusqu'au jour où le captain Ni'mat tombe sous le charme d'Islam, son jeune boy nubien. C'est l'Egypte de Moubarak qu'ausculte ici Leftah. Un monde de classes et de privilèges tenu par les militaires, hanté par les défaites contre Israël, gangrené par les islamistes. Mais derrière ce roman à l'écriture érotique raffinée se cache surtout une œuvre hautement subversive. Car l'homosexualité est considérée en Egypte - et dans le reste du monde arabe -, « comme une perversion extrême, grave, mettant en cause les fondements de la religion et de la société, une diffamation insultante pour la virilité des Egyptiens ». Le « Printemps » y changera-t-il quelque chose ? Dommage que Leftah, installé au Caire depuis 2000 avant d'être emporté par un cancer, ne soit plus là pour le dire
Yasmine Youssi
Telerama n° 3227 - 19 novembre 2011 |