Juger l’homosexualité au Maroc est un exercice périlleux

Deux jeunes hommes accusés d’homosexualité qui ont comparu hier devant le tribunal de Témara, une bourgade près de la capitale du Maroc...

Un homosexuel marocain: « J’ai beaucoup d’espoir »

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Des discussions libres, les couleurs du mouvement qui meublent l’espace, des photos en guise d’illustration, des textes de témoignage de célébrités marocaines pour soutenir les homosexuels... C’est l'exposition en faveur des LGBT marocains.

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie du 17 mai, le collectif MALI (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles) a organisé en partenariat avec le Nimar (Institut Néerlandais au Maroc)  une exposition de photos contre l’homophobie. Le photographe belge Fred Leloup a accompagné quelques d’activistes du MALI dans différents lieux de Rabat. Résultat : des photos en noir et blanc, présentant des activistes qui militent contre l'homophobie. Certes, ils ont différentes orientations sexuelles, mais sont d’accords sur la nécessité de dépénaliser l’homosexualité.

« Nous militons pour la dépénalisation de l’homosexualité. C’est inconcevable que des gens soient condamnés de 3 mois à 3 ans de prison pour leur orientation sexuelle », nous déclare Soufyane Fares,  activiste du MALI.  « Nous voulons ouvrir le débat sur cette question que très peu défendent » poursuit-il. Très remonté contre les progressistes qui ne soutiennent pas les libertés individuelles, Fares affirme ne pas « comprendre les progressistes qui trouvent mille et une raisons pour ne pas soutenir les libertés individuelles alors qu’il déclarent être pour la démocratie et les droits de l’homme ».

L’expo a également recueilli un nombre de témoignage de personnalités marocaines qui soutiennent cette cause : Fatym Layachi, Naïma Zitan, Lamia Berrada-Berca, Sonia Terrab...

« Marocaine habitant à Paris, on me demande d’écrire un texte pour une campagne contre l’homophobie dans mon pays. On m’offre un droit de parole autant que les autres, le pouvoir de laisser une trace et de dire, c’est ici que la lutte a commencé. C’est durant cette période que nos lendemains seront faits. Des lendemains sans étiquettes, au service de corps sans tabou... », écrit, dans son témoignage, la journaliste et écrivaine Sonia Terrab.

« Un autre que soi : l’autre. Et parfois l’autre aime le même autre que lui. En être pareillement sincère à tous les autres désireux d’aimer jusqu’au bout d’eux-mêmes sans se soucier de ce que peuvent bien penser les autres. Dans un monde que perverti de jour en jour davantage le manque d’amour. En voulant préserver l’idée que l’amour ne peut qu’être vecteur de tolérance. L’amour fait l’ouvert. L’envers. Il contredit les sens interdits. Il dit. Libère la vérité d’un cri. Et que condamner ? Qui juger en réalité si ce n’est la violence innée de ceux qui refusent le droit à ce qui existe d’exister ? » Écrit dans un autre témoignage l’écrivaine Lamia Berrada-berca.

Un homosexuel, Rayan (pseudo), présent lors nous confie: « Je suis très heureux que cette expo soit organisée. On ne sent plus tout seul. On commence à sortir très doucement du tunnel ». Plus loin, Rayan explique « nous voulons également casser les clichés ambiants : dire que les homosexuels sont des efféminés est aussi absurde que de dire que le musulman est terroriste ». Pour lui, il y a beaucoup d’homosexuels au Maroc mais qui ne peuvent se dévoiler à cause de la pression sociale : « l’homosexuels est présents dans la société marocaine à différentes échelles de responsabilité. Il peut être votre avocat, votre banquier, votre professeur…»

Pas certain que les magistrats marocains aient le même point de vue : deux homosexuels viennent d'être condamnés à quatre mois de prison ferme à Salé.

Questionné sur la façon dont il vit son homosexualité au Maroc, Rayan nous dit avec beaucoup de positivité : « J’ai eu pas mal d’opportunités pour quitter le Maroc. J’ai décliné à chaque fois parce que j’ai beaucoup d’espoir. Je sens que quelque chose se passera dans les années qui viennent. Les choses sont en train de changer» conclut Rayan.

Nizar Bennamate (h24info.ma)

Homophobie d'État au Maroc: Deux marocains condamnés à la prison ferme pour homosexualité


Arrêtés le 2 mai, les deux accusés ont été condamnés, ce lundi soir, à quatre mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Témara.

Deux marocains accusés d’avoir entretenu une relation homosexuelle ont été condamnés, ce lundi soir, à quatre mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Témara, a-t-on appris de source judiciaire. Arrêtés le 2 mai, les deux hommes, Youssef L. et Redouane Z., ont comparu sous l’accusation "d’atteinte aux mœurs" et d’homosexualité. Selon la loi, ils risquaient une peine maximale de trois ans de prison ferme.

Interpellés en flagrant délit

Devant la police, les deux hommes ont reconnu les faits mais au tribunal ils se sont rétractés en niant catégoriquement l’accusation. Le verdict est qualifié de "clément" par des juristes, estimant que les deux hommes auraient bénéficié de circonstances atténuantes liées à leur jeune âge ainsi qu’à leur casier judiciaire vierge.
Selon la police, les deux prévenus avaient été arrêtés le 2 mai en flagrant délit après avoir été découvert par une ronde de la police dans un quartier de Témara en train de se livrer à des rapports sexuels à l’intérieur d’une voiture. "Nous avons fait connaissance via internet et nous nous sommes donnés rendez-vous le 2 mai à Témara pour une rencontre intime", selon la version des deux hommes fournie dans un rapport de la police qui les accuse aussi d’avoir eu des "relations sexuelles en échange d’une somme d’argent". L’homosexualité au Maroc est un délit passible de trois ans d’emprisonnement.

Gay au Maroc: Exposition à L'Institut Néerlandais a l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie

Jeunes marocains contre l'homophobie.Vendredi 17 mai, le Maroc aussi a connu un (petit) événement contre l'homophobie et pour le respect de la différence. Reportage.

Rabat, le 17 mai 2013. A l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, le Mali (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) a organisé, en partenariat avec le Nimar (Institut Néerlandais au Maroc), une exposition de photographies sur le thème de la différence.

Ibtissame Betty Lachgar, militante au sein du mouvement, explique les raisons de l’organisation de cet événement : «Nous sommes un mouvement qui lutte en faveur de toutes les libertés individuelles, dont la liberté sexuelle qui est une liberté fondamentale, d’autant plus que c’est une liberté qui relève de l’intimité et de la vie privée. Egalement, parce qu’au Maroc l’homosexualité est un crime ; les homosexuels peuvent être condamnés jusqu’à 3 ans de prison ferme. Comme on a pu le lire dans les médias, il y a plusieurs cas en ce moment».

Longtemps habitué aux actions choc (souvenez-vous de l’action des déjeuneurs du ramadan en 2009, ou encore du bateau pour le droit à l’avortement en 2012), le mouvement Mali a, cette fois-ci, opté pour la manière douce. «Nous avons évité la provocation pour cette sortie, et avons choisi un endroit privé pour passer notre message, et ce afin éviter les heurts ou les agressions auxquels nous aurions pu être exposés. Car cette revendication est plus taboue que celles que nous avons déjà portés jusqu’à maintenant » explique Ibtissame Betty Lachgar.

Cet événement a connu la participation et le soutien de personnalités connues dans le monde de l’art et de la culture: Naïma Zitan, Lamia Berrada-Berca, Sonia Terrab, Jean Zaganiaris, Fatym Layachi et Hicham Tahir. Ils ont écrit, pour l’occasion, des textes qui ont été joints aux photographies exposées. «Nous avons contacté des artistes et des intellectuels. Nous savions qu’ils défendaient toutes les libertés, et notamment les libertés sexuelles. Nous leurs avons demandé d’écrire un texte pour appuyer l’action» poursuit Ibtissame.
Les militants du Mali espèrent, à l’issu de cet événement, lancer le débat autour de la question des minorités sexuelles au Maroc, et apporter leur soutien aux personnes mises en cause dans des affaires liées à l'homosexualité. Même si, « force est de l’avouer, les lois ne sont pas près de changer de sitôt», confie Ibtissame avant de conclure : « même si beaucoup de gens sont contre, si le débat est ouvert, pour nous c’est une victoire».

Rappelons que la date du 17 mai a été retenue journée mondiale contre l’homophobie, en raison de la suppression par l’OMS de l’homosexualité de la liste des maladies mentales, le 17 mai 1990. «Au Maroc, l’homosexualité continue à être considérée comme maladie mentale. Parfois, par les homosexuels eux-mêmes» nous confie A.K. militante homosexuelle au sein du Mali.

France: Najat Belkacem assistera au premier mariage gay

Montpellier: Najat Belkacem assistera au premier mariage gay
France: La ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement Najat Belkacem sera présente au premier mariage homosexuel célébré en France, fin mai à Montpellier, ont confirmé samedi ses services.
Le texte de la loi « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe » a été promulgué par le chef de l’Etat et publié samedi au Journal officiel, en même temps que la décision du Conseil constitutionnel le validant entièrement.

Vincent Autin, président de l’Inter-LGBT Montpellier Languedoc-Roussillon, 40 ans, épousera le 29 mai son compagnon Bruno, 30 ans. L’union sera célébrée par la maire PS de la ville, Hélène Mandroux. Selon eux, « en accord avec la mairie, un écran géant sera installé » si de nombreuses personnes décidaient de venir assister au mariage. 

Le couple a entamé les préparatifs du mariage depuis quelques mois et précise qu’ »il reste à prévenir quelques amis mais les costumes sont déjà prêts depuis longtemps », ont-ils précisé.

La ministre des Droits des femmes, Najat Belkacem, qui avait assuré à Montpellier le 27 septembre 2012 que le premier mariage gay aurait lieu dans cette ville, devrait être présente à la cérémonie, ont assuré les deux hommes.

Montpellier est parfois surnommée la « San Francisco française », élue en décembre cité « la plus friendly » par le magazine gay Têtu.

Homophobie au Maroc : « On sait qu’on n’est pas en France, on ne réclame pas le mariage pour tous »

Aujourd’hui, vendredi 17 mai, le monde célèbre la Journée internationale contre l’homophobie. Occasion pour revenir sur la situation des personnes homosexuelles au Maroc, où une relation entre deux personnes du même sexe est passible de peines de prison ferme.

Ce vendredi 17 mai marque la Journée internationale contre l’homophobie, une date qui commémore le retrait de l’homosexualité de la liste des maladies mentales publiées par l’Organisation mondiale de la santé le 17 mai 1990. Aujourd’hui, selon un rapport publié par l’association SOS homophobie en début de semaine, 78 pays sur les 193 membres de l’ONU continuent à avoir des lois discriminantes envers les personnes dites LGTB, lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres. Le Maroc en fait partie. Pour tenter d’y remédier le magazine LGBT marocain Aswat vient de lancer une cyber-campagne baptisée «  L’amour pour tous ».

L’amour pour tous
« La situation des homosexuels au Maroc est toujours la même. Une situation déplorable », regrette Marwane Bensaid, étudiant, militant des droits des homosexuels au Maroc, qui collabore également avec le magazine Aswat, contacté cet après-midi, par Yabiladi. « La question est toujours aussi taboue. Pourtant, « cette minorité est bien là et ses droits sont bafoués », ajoute-t-il.

A travers la campagne « L’amour pour tous », lancée le 1er mai pour se poursuivre jusqu’au 31 du même mois, les défenseurs des droits des homosexuels veulent tout d’abord sensibiliser la société marocaine contre l’homophobie.  « La campagne qu’on mène sur Facebook et Twitter nous a permis d’ouvrir le débat. C’est une opportunité aussi pour les LGTB qui souhaitent s’exprimer ou revendiquer leurs droits », nous confie Marwane Bensaid. « On ne s’attendait pas à autant d’affluence. On a remarqué aussi que les homosexuels au Maroc avaient plus d’audace », souligne-t-il.

 « On sait que le Maroc n’est pas la France »
Conscients de l’identité culturelle et cultuelle du Maroc, les défenseurs des droits des homosexuels ne pensent pas à demander un jour l’instauration d’une loi autorisant le mariage pour tous au Maroc, comme ce qui a été fait en France. « Il y en a certains qui nous disent qu’on veut appliquer le modèle français au Maroc. Ce n’est pas vrai, on sait que le Maroc n’est pas la France, on ne demande pas le mariage pour tous », explique le militant.

Parmi les principales revendications du groupe, l’abrogation de l’article 489 du Code pénal marocain. Selon ce texte, tous les « actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe » sont, en effet, passibles de peines de prison comprises entre 6 mois et 3 ans. Pas plus tard qu’en début de semaine, deux hommes ont été condamnés à 3 ans de prison et 1000 dirhams d’amende, à Souk Al Arbaa, dans le nord du Maroc, pour avoir entretenu pendant 10 ans une relation homosexuelle.. Deux autres risquent la même peine pour avoir été découverts sur le fait, au début du mois par la police marocaine. Leur verdict devrait tomber dans les prochains jours.

yabiladi


Erythrée: Un enseignant italien homosexuel expulsé parce qu'il s'est marié avec un homme


Un enseignant italien homosexuel expulsé parce qu'il s'est marié avec un homme - Erythrée
Un professeur d'italien à Asmara a été expulsé d'Erytrée lorsque les autorités ont appris que cet enseignant italien s'était marié en Espagne avec un homme, a révélé samedi l'université de Palerme.
Paolo Mannina se trouvait dans la capitale de l'Erythrée depuis le 6 mars, selon l'agence italienne ANSA.
"J'ai été obligé de vivre caché durant une semaine environ, de ne pas aller dans les lieux publics, de demeurer toujours en compagnie de quelqu'un, parce que j'aurais risqué d'être arrêté par l'autorité militaire et d'être jeté en prison", a raconté l'enseignant, revenu en Sicile, dans le sud de l'Italie, où il est sans travail.

L'école de langue italienne pour étrangers de l'Université de Palerme, qui a dénoncé ce cas, a exprimé sa solidarité à l'enseignant.

"En Erythrée, a-t-il témoigné auprès de cette école, l'homosexualité est passible de 3 à 10 ans de prison" et "personne ne pouvait me garantir que cela ne m'arriverait pas (d'être emprisonné)". Il a raconté avoir reçu un avis d'expulsion dans un délai de 48 heures, prorogé ensuite d'une semaine, à la suite de démarches diplomatiques de l'ambassade d'Italie.

L'ambassade avait prévenu Paolo Mannina qu'une fois ce deuxième délai écoulé, il devait se préparer "au pire", a-t-il raconté.

Selon l'école de langue italienne de l'université de Palerme, les autorités érythréennes avaient appris que Paolo Mannina s'était marié en Espagne en 2008 avec un gay chilien.

Cela a suffi pour faire de lui "un individu dangereux et risquant de déstabiliser l'ordre moral et public du pays", a rapporté l'ambassade d'Italie après avoir obtenu une explication de source officieuse.

(Source AFP)

Ukraine: Manifestation anti-gay à Kiev, le Parlement ajourne l'examen d'une loi


Manifestation anti-gay à Kiev, le Parlement ajourne l'examen d'une loi - Ukraine
Environ 400 personnes ont manifesté mardi devant le Parlement ukrainien pour protester contre l'examen d'une loi contre la discrimination des homosexuels, lequel a été reporté sine die.

Pressé par l'Union européenne, le Parlement (photo) devait examiner mardi une loi interdisant la discrimination des homosexuels notamment dans le domaine de l'embauche.

Les manifestants ont brandi des affiches sur lesquelles on pouvait lire "Honte aux hommes politiques qui soutiennent les perversités sexuelles", "Non à l'homosexualité en Ukraine" ou encore "Protégez la famille et les enfants".

L'examen du projet de loi dénoncé également par les députés communistes et nationalistes a finalement été reporté.

Une autre manifestation a eu lieu devant la mairie de Kiev, exigeant d'interdire la tenue des gay parades en Ukraine.

Comme en Russie, les homosexuels sont très mal vus en Ukraine, une ex-république soviétique, où une tentative d'organiser une gay parade a échoué l'an dernier, les manifestants anti-gay ayant été beaucoup plus nombreux.

Le Parlement européen a ratifié en avril un accord prévoyant de simplifier le régime de visas pour les Ukrainiens, mais posant notamment comme condition la défense des droits des minorités sexuelles.

Le Parlement ukrainien envisage par ailleurs d'examiner un autre projet de loi qui interdit comme en Russie "la propagande homosexuelle", un texte sévèrement critiqué par l'Union européenne.

(Source AFP)