Homosexualité au Maroc : Un non-sujet sauf en littérature

Le Maroc a voté contre la reconnaissance des droits des homosexuels par l'Onu, le 27 septembre. Une information qui n'a rencontré que l'indifférence des personnalités et intellectuels marocains.

« Kaynin », série témoin d’une société marocaine homophobe


Kaynin, un ensemble de capsules publiées sur YouTube, met l'accent sur les souffrances de la communauté homosexuelle au Maroc à travers une série de témoignages.

Marwan Bensaïd, initiateur du magazine gay Aswat, lance un nouveau projet. Kaynin est une série de témoignages d'homosexuels marocains, qui rapportent leurs souffrances au quotidien et leur exclusion de la société.
« Ma mère me faisait avaler du piment fort pour que je me comporte « comme un homme » », raconte Hamza, un Casablancais de 22 ans dans le premier épisode de Kaynin. Dans le récit de Hamza se dessine un quotidien semé d'embuches. Le jeune homosexuel fait part de sa souffrance à l'école: « Mes camarades ne cessaient de se moquer de moi et j'encaissais les remarques désobligeantes de mes professeurs », raconte Hamza. « Je m'absentais beaucoup pour ne pas avoir à subir ça », avoue-t-il.

Des témoignages et un suivi associatif

A la maison, le scénario n'est pas plus joyeux. « A 14 ans, mon grand frère m'a marché sur la tête, me cassant deux incisives », raconte-t-il. Plus tard, son père et son frère le battront violemment avant de le chasser du domicile familial. « Ils ont compris que je ne pouvais pas aller à la police, et que si je portais plainte, c'était moi qu'on mettrait derrière les barreaux. »
Hormis la collecte des témoignages, Marwan Bensaïd, initiateur du projet, assure que « le collectif Aswat établit un suivi de ces cas et essaie de les aider autant que possible ». Le militant, qui travaille sur les nouveaux épisodes de cette série, veut « montrer la réalisé des minorités sexuelles », notamment dans les milieux défavorisés, à travers des « témoignages des violations que subissent ces personnes au quotidien ».

Kaynin, un ensemble de capsules publiées sur YouTube, met l'accent sur les souffrances de la communauté homosexuelle au Maroc à travers une série de témoignages.

Marwan Bensaïd, initiateur du magazine gay Aswat, lance un nouveau projet. Kaynin est une série de témoignages d'homosexuels marocains, qui rapportent leurs souffrances au quotidien et leur exclusion de la société.
« Ma mère me faisait avaler du piment fort pour que je me comporte « comme un homme » », raconte Hamza, un Casablancais de 22 ans dans le premier épisode de Kaynin. Dans le récit de Hamza se dessine un quotidien semé d'embuches. Le jeune homosexuel fait part de sa souffrance à l'école: « Mes camarades ne cessaient de se moquer de moi et j'encaissais les remarques désobligeantes de mes professeurs », raconte Hamza. « Je m'absentais beaucoup pour ne pas avoir à subir ça », avoue-t-il.

Des témoignages et un suivi associatif

A la maison, le scénario n'est pas plus joyeux. « A 14 ans, mon grand frère m'a marché sur la tête, me cassant deux incisives », raconte-t-il. Plus tard, son père et son frère le battront violemment avant de le chasser du domicile familial. « Ils ont compris que je ne pouvais pas aller à la police, et que si je portais plainte, c'était moi qu'on mettrait derrière les barreaux. »
Hormis la collecte des témoignages, Marwan Bensaïd, initiateur du projet, assure que « le collectif Aswat établit un suivi de ces cas et essaie de les aider autant que possible ». Le militant, qui travaille sur les nouveaux épisodes de cette série, veut « montrer la réalisé des minorités sexuelles », notamment dans les milieux défavorisés, à travers des « témoignages des violations que subissent ces personnes au quotidien ».

Tel Quel

Maroc: Homosexualité et hypocrisie


Petit flash-back. 18 septembre 2014. Deux hommes se promènent à Marrakech. L'un est touriste (britannique, apprendra-t-on plus tard), l'autre ressortissant marocain. Ils déambulent côte à côte dans un centre commercial, quand «on» remarque –l'histoire ne précise pas qui ni comment- qu'ils ont eu «des gestes perçus comme étant à connotation sexuelle» (formule officielle). Quelques pas encore et ils sont interpellés, à un arrêt de bus.
Déférés à la justice, le touriste septuagénaire et le Marocain d'une vingtaine d'années, écopent d'une condamnation à quatre mois de prison pour «homosexualité».
Aussitôt, les réseaux sociaux et les médias anglais se saisissent de l'affaire.
En plus d'être père d'une diplomate, le touriste britannique vient d'un pays où l'on ne va pas en prison pour un tel motif. Sa famille ne comprend pas. La société civile marocaine non plus. Les internautes encore moins. La pression monte.

Le septuagénaire est finalement remis en liberté. Lui, d'abord. Le jeune Marocain, ensuite. Officiellement, «liberté provisoire, en attendant le jugement en appel». Mais le touriste n'attendra rien du tout. Il a pris le premier vol pour son pays, la Grande Bretagne, où, non seulement l'homosexualité n'est pas un délit, mais elle est protégée par la loi et le mariage entre homosexuels est autorisé.
Pour le Jeune Marocain, on verra bien ce que fera la justice en appel... Il est cependant peu probable qu'elle s'expose à une autre levée de boucliers, en condamnant l'un quand l'autre a pu quitter le territoire, libre et définitivement hors de portée de ses verdicts...
Certes, au Maroc, les lois criminalisent l'homosexualité qui est frappée de peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison. Mais il y a, dans certaines lois marocaines, autant d'hypocrisie que dans la société. C'est le cas des lois sur la consommation d'alcool (interdite, mais largement répandue), comme c'est le cas de celles sur l'homosexualité.
La loi interdit. La pratique existe. La société tantôt tolère, tantôt condamne, selon les circonstances... Et tout le monde s'en accommode.
Pour les ONG qui défendent les droits de l'homme, il est grand temps de mettre fin à cette hypocrisie. Notamment en ce qui concerne l'homosexualité, dont elles rappellent qu'elle relève du respect des libertés individuelles. Libertés garanties et protégées par les conventions internationales des droits humains.
C'est dans ce sens qu'en juillet dernier, Human Rights Watch appelait le Maroc à «cesser de poursuivre des personnes pour homosexualité».
Sans doute, la société marocaine n'est-elle pas encore tolérante à l'égard des homosexuels et ne comprend-elle pas cette notion de libertés individuelles quand il s'agit d'homosexualité. Pourtant, de plus en plus d'homosexuels osent assumer leur orientation sexuelle. Et de plus en plus de commerces (coiffeurs, tailleurs, traiteurs...), y compris dans les milieux populaires, sont tenus par des homosexuels, sans qu'ils soient inquiétés, ou boycottés.
Il y a une condamnation générale et un rejet catégorique de la pédophilie, parce qu'il s'agit d'enfants abusés par des adultes. Pour l'homosexualité, les réactions et avis sont plus mitigés. Il ne s'agit plus que d'adultes auxquels il est difficile de contester la liberté de disposer de leur corps comme ils l'entendent.
Une chose est sûre, les touristes homosexuels, eux, ne faisaient traditionnellement pas l'objet de persécution au Maroc. Au contraire, le respect de leur liberté les poussait vers ce pays où ils savaient que seule la provocation publique pouvait leur attirer des problèmes...
Pourquoi devrait-on, aujourd'hui, embastiller un touriste parce qu'il aurait, en marchant, «des gestes perçus comme étant à connotation sexuelle» ?
Bravo à ceux qui ont fait faire au Maroc ce pas spectaculaire qui lui a valu une campagne médiatique au vitriol en Grande Bretagne, 4ème pays émetteur de touristes au Maroc, après la France, l'Espagne et l'Allemagne... Avec, en prime, une mise en garde du Foreign Office (ministère des Affaires étrangères britannique), adressée à ses voyageurs embarquant pour Rabat.
Combien cela coûtera-t-il à la balance des paiements, en devises fortes, sachant le poids du tourisme dans la collecte de ces devises ? On le saura probablement dans les prochains mois, en suivant la courbe des touristes britanniques à destination du Maroc.

Bahia Amrani

Violez moi, je ne suis qu’une marocaine – Sara Nedjar

Violez moi, je ne suis qu'une marocaine – Sara Nedjar


Salutations aux idées des chers citoyens de mon petit pays.

Je ne sais plus qui sont les vrais coupables, les réels criminels. Plus je t'explore plus je te hais. Mais qui es-tu « Marocain », une personne dépourvue de sens, de vertus ?

Je te maudis au nom de l'humanité, au nom de la religion. Toi qui te présumes « religieux », mais où est la religion musulmane lorsque tu piétines les droits de la femme, que tu la maltraites, la dénigres ? Laisse-moi te dire que je préfère le violeur de Marrakech à toi qui cries haut et fort sans honte que si l'enfant violé était une fille tu aurais passé le fait sous silence. N'est-il pas déjà assez dur et injuste d'avoir touché à ce petit enfant pour en ajouter d'autant plus et enrager la population à cause de tes opinions concernant les filles marocaines. N'est-il pas assez, que bon nombre de filles se fassent violer et que la société omette le fait ? Je te félicite petit marocain d'encourager par tes dires les pervers à nous toucher, à sentir notre chair, à piétiner notre dignité. Tu n'es pas mieux que le violeur, as-tu corrigé l'erreur par la catastrophe, l'irrémédiable ?

Née marocaine signifie- t-il que je dois me taire, laisser le « mal » faire de moi ce qu'il désire ?

Merci citoyens marocains d'avoir fait cette vidéo pour montrer votre dévouement à autrui, montrer que vous êtes les sauveurs de nos enfants violés, mais ne serait-ce pas plutôt une campagne de sensibilisation et d'incitation en toute légitimité au viol de la fille marocaine ?

« Zamel », c’est très ordinaire !

Depuis plusieurs semaines, le débat autour de l'homosexualité fait couler beaucoup d'encre, et rarement un sujet d'actualité aura provoqué autant de réactions épidermiques dans la société marocaine. Outre le fait que la question soit clivante au gouvernement marocain (dit ISLAMIQUE parce que tout de même Jamal Ould Nass et Ray Cole ont été libérés), cela montre que la question de l'homophobie est importante dans notre société et acceptée par une grande partie de la population.

Alors, on pourrait croire que les geeks, en tant que jeunes adultes, peu conservateurs et revendiquant un esprit ouvert, serait un monde de tolérance et de compréhension des autres. Fin des clichés. C'est plutôt le contraire. En ne s'autorisant aucune limite, on en voit un bon nombre qui jouent justement surle racisme, le machisme et pour s'amuser, balancent des vannes sur les homos. A vrai dire, savoir que la plupart des mèmes venaient à la base de 4chan, un lieu où l'on traitait de « fag » (pédé) tout les chieurs, en dit assez long.

Bon bref, si je m'attendais à des réactions violentes de la part des instances religieuses, jamais je n'aurais imaginé un tel déferlement de haine dans la société civile. Tout se passe comme si ce débat faisait sortir du bois la peur et la haine. Selon Moot, cet épisode laissera de profondes cicatrices chez beaucoup de personnes et un goût amer quant à l'état de notre plus (tout adjectif négatif fera l'affaire) pays du Monde.

Je vous l'avoue bien volontiers, Le New Kid On The Bled (NKOTB) est d'une nature candide. Il accorde facilement sa confiance aux gens et il aime penser que les personnes qu'il côtoie posent un regard bienveillant sur le monde. Avant ce foutu débat, il trouvait les gens plutôt sympas, même si il avait bien noté chez certains une peur irrationnelle dès qu'étaient abordés des thèmes un brin épineux… Naïvement, NKOTB était optimiste sur l'évolution des mœurs et il pensait que le temps ferait son œuvre pour remettre le flot des récalcitrants sur le bon chemin: celui du respect de l'autre. Mais tout a vacillé en quelques jours quand son statut a été commenté.

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Vous êtes hétérosexuel(le) ?  Ou homosexuel(le) ? Peut être bisexuel(le) ? Mais, depuis combien de temps ? Et comment l'êtes-vous devenu(e) ? « Ah, parce qu'on le devient ! » ont répondu la majorité. J'ai pris alors conscience de la force et de l'imagination de cette idée reçue selon laquelle on naît homo ou hétéro.

C'est essentiellement au sujet de l'homosexualité que s'énonce la théorie de son origine génétique, ou du moins, la croyance qu'elle serait prédéterminée biologiquement. La presse, ces quinze dernières années, s'en est fait largement l'écho. Présentant même cela comme un fait scientifique nouveau. Une découverte ! Or déjà, à la fin du XXème siècle, cette idée avait cours. Cette conception d'une homosexualité de naissance implique en creux que l'hétérosexualité et les différentes préférences sexuelles sont également innées. Il faut s'attendre à voir bientôt à la une de tous les journaux la découverte du gène de l'hétérosexualité.

Cette idée, n'est donc pas nouvelle, et encore moins prouvée. Nos préférences sexuelles, et leurs combinaisons dans une orientation hétéro ou homosexuelle, sont le fruit d'une évolution personnelle progressive. Elles s'acquièrent. Bien sûr la part de l'inné existe. Car, en amont de notre histoire individuelle, nous avons une pré-histoire, représentée par notre capital physique et génétique. Mais nos préférences sexuelles, notre identité sexuelle s'affirment, pour l'essentiel, au fil de notre développement. On ne naît pas homo ou hétéro, on le devient.

On pourrait s'étonner que la question des origines de l'orientation sexuelle se pose surtout à propos de l'homosexualité. Mais, c'est souvent à partir du minoritaire que l'on parvient à définir le majoritaire. Comprendre la façon dont on devient homosexuel permet d'éclairer la façon dont on devient hétérosexuel ou bisexuel.  Et l'importance des débats actuels sur les questions homosexuelles justifie également ce mode d'approche. Il y aurait 7% d'homosexuels masculins déclarés et 3% de femmes. Pourquoi tant de controverses pour si peu de personnes me direz-vous. Mais de qui parlent ces chiffres ? La réalité de l'homosexualité est tout autre. Les désirs homosexuels nous concernent tous. Rares sont ceux qui n'ont pas été surpris par un désir de ce type au cours de leur existence. Comme il est aussi vrai que bien des homosexuels ont eux aussi, ne serait-ce que partiellement, des désirs hétérosexuels.

On ne peut affirmer qu'un désir est une identité. Pourquoi être homosexuel ou hétérosexuel en serait une ? Peu importe, c'est devenu un signe identitaire. L'homosexualité est partie prenante de la sexualité humaine, décrite depuis qu'il est question d'amour et de sexe dans les traces écrites laissées par les HOMMES.

Donc, à travers l'histoire, la religion, la biologie, la génétique, la psychologie, l'ethnologie, l'anthropologie, la sociologie, et les neurosciences, on peut glaner les différents éléments de réponse à l'un des plus grands des mystères humains. Celui de son désir. Et mon désir, c'est baiser des filles (la main bien sûr, comme au Moyen Age, puisqu'on en est pas loin). Une (des) volontaire(s)?

Moot ne vend pas sa toison, il n'a donc reçu aucune promesse de non sacrifice à l'Aid, et encore
moins des dons en nature ou en espèces en contrepartie de la rédaction de ce très bon article.

ILIASS ZKARA

Grande-Bretagne: Ray Cole appelle son pays à accorder l’asile à son compagnon marocain

Ray Cole, le Britannique qui a été emprisonné au Maroc pour des « actes homosexuels », avant d'être libéré, appelle la Grande-Bretagne à accorder l'asile à son partenaire marocain.
C'est sous la pression diplomatique du Royaume-Uni que le Maroc a libéré Ray Cole. Son ami marocain a été libéré avec 24 heures de décalage.
Le couple a été reconnu coupable d' »actes homosexuels » au début du mois après que la police ait fouillé leurs téléphones, et les deux hommes ont été condamnés à quatre mois derrière les barreaux. Ils ont tous deux été libérés la semaine dernière après une mobilisation en leur faveur.
Ray Cole a confié être inquiet pour son ami et ajouté qu'il envisageait de l'épouser au Royaume-Uni.

L’homosexualité est une liberté individuelle, par Sanaa Elaji

Rodrigo Gay

Nous avons tous suivi, la semaine dernière, les rebondissements de l'affaire du Britannique arrêté, jugé et condamné pour homosexualité. Cette histoire remonte au mois de septembre dernier. La police, passant près d'un arrêt de bus, y avait avisé l'Anglais septuagénaire, en compagnie d'un Marocain d'une vingtaine d'années, puis l'avait soupçonné d'être homosexuel.La suite, on la connaît : les deux hommes ont été appréhendés, conduits au commissariat, présentés au procureur, déférés devant un tribunal, lequel les avait envoyés en prison pour quatre mois. Immédiatement après, une grosse campagne politique et médiatique  de soutien à Ray Cole avait été enclenchée au Royaume-Uni. Le Britannique a donc été – précipitamment –  relâché le 8 octobre, et son ami le lendemain.

Ils ont été fort nombreux à s'élever contre cette mauvaise publicité faite au pays, une image qui lui coûtera en termes d'entrées, nuitées et recettes touristiques. J'estime quant à moi que causer tourisme en général et tourisme anglais en particulier est certes important, mais cela tronque le débat. En effet, le problème n'est pas tant de défendre l'homosexualité pour promouvoir le tourisme britannique sur nos terres, car cette forme de sexualité est d'abord et avant tout une liberté individuelle. C'est pour cela que l'affaire Cole doit nous conduire à nous poser quelques questions.

D'abord, les deux hommes ont été appréhendés dans un espace public, puis leurs téléphones ont été inspectés pour prouver leur « crime ». Cela indique que l'affaire dans son ensemble est frappée de nullité, car cela relève du vice de forme qu'un agent de l'ordre arrête un individu dans la rue et fouille dans son téléphone sans ordre du parquet. En effet, le contenu d'un appareil (messagerie, photos…) est protégé par le secret et l'inviolabilité des données personnelles, qui ne peuvent être contournés que par instruction d'un procureur. Imaginez toutes les correspondances et images que nous échangeons avec nos amis, et qui seraient de nature à nous placer en situation d'infraction selon tous les articles du Code pénal : consommation d'alcools, ou éventuellement de drogues diverses, outrage à la pudeur, incitation au terrorisme… L'affaire Cole a été fondée sur un vice de forme, elle est donc frappée de nullité juridique… mais cela vaut, bien évidemment, dans un pays où la justice suit son cours normal.

Ensuite, pourquoi donc et sur la base de quel logique libère-t-on l'Anglais et laisse-t-on le Marocain derrière les barreaux, même sous le régime de la détention provisoire ? Marchons-nous selon le principe de La Fontaine que « selon que vous serez puissant ou misérable, la justice de cour vous fera innocent ou coupable » ? Logiquement, il n'existe qu'une seule alternative : ou bien nous sommes face à un dossier juridique bien ficelé et solide et alors la libération du Britannique est inacceptable et dès lors, la justice marocaine doit convaincre son homologue anglaise du bien-fondé du jugement ; ou, second cas de figure, le dossier est vide et donc n'a pas tenu 24 heures face à levée de boucliers au Royaume-Uni. Mais alors, pourquoi avoir laissé le Marocain embastillé 24 heures de plus ? On ne peut pas garder un type en prison pour homosexualité et, en même temps, élargir son compagnon, complice de son « crime ». C'est une politique du deux poids deux mesures qui conduit les gens à perdre toute confiance dans le système judiciaire de leur pays.

Enfin, et c'est le plus important, est-il vraiment raisonnable, est-il vraiment sérieux, est-il vraiment indiqué que nous puissions encore traquer des gens pour homosexualité ? N'est-il pas largement temps de conférer un peu de logique à notre corpus pénal en l'allégeant de certains articles ?  Personne n'accepte les agressions sexuelles sur des enfants, des viols de femmes ou la traite humaine à des fins de sexe… mais en dehors de cela, toute orientation sexuelle relève de la liberté de chacun, si cette activité intervient entre adultes consentants. Tout un chacun a droit à sa propre orientation, en sexe ou en quoi que ce soit ; c'est cela la liberté individuelle et nul n'a le droit de l'entraver.

Nous ne sommes plus face à une question de tourisme, mais bel et bien devant la problématique cruciale de la liberté des libertés des personnes.

Mais, il est bien malheureux de constater que cette revendication de l'évolution du Code pénal est et restera l'apanage de la société civile car les politiques, et c'est très triste, restent guidés par leurs considérations électoralistes et n'ont absolument et définitivement pas le courage de présenter ces demandes d'amendements pénaux au parlement.

Ahdath.info

Maroc: Ray Cole demande que son ami gay marocain puisse obtenir l'asile en Angleterre

Alors qu'il vient tout juste de sortir de prison après avoir été condamné pour pratiques homosexuelles avec un jeune marocain, le Britannique Ray Cole souhaite que son « ami » puisse venir en Angleterre. Il demande aux autorités britanniques d'accorder « l'asile » à Jamal afin qu'il puisse vivre avec lui. Comble de l'ironie, Cole se permet de livrer des conseils aux homosexuels désireux se rendre au Maroc.



On aurait pu croire que son bref passage en prison et les accusations de pratiqueshomosexuelles au Maroc allaient le rendre plus discret, mais visiblement il n'en est rien. Ray Cole, le septuagénaire britannique récemment sorti de prison après une condamnation à quatre mois pour une affaire d'homosexualité avec un jeune marocain, en remet une couche. L'homme souhaite que son « compagnon » et ancien co-détenu, Jamal, puisse venir en Angleterre afin de vivre avec lui.

Selon Cole, Jamal est marqué par cet épisode. « Malheureusement ses amis ont eu connaissance de son histoire et il ne peut plus sortir. Il reste coincé à la maison », explique-t-il à Pinknews. « Il souffre beaucoup de ce qui est arrivé, et il veut désespérément quitter le Maroc».

Accorder « l'asile » à Jamal ?

Plus surprenant encore, le britannique souhaite que son ami puisse obtenir l'asile en Angleterre. « Je pense que Jamal devrait bénéficier de l'asile. Nous avons été dans une relation en avril dernier. Je l'aime à la folie, je tiens à le faire venir ici - en Angleterre - et de lui donner la vie qu'il mérite », laisse entendre le septuagénaire. « Je m'inquiète vraiment pour lui. J'aimerais le sortir de là, je veux qu'il soit avec moi ».

Ray Cole ajoute sans détour qu'il veut épouser son « compagnon » afin de le faire venir au Royaume-Uni, mais le ministère de l'Intérieur lui impose 18,600 £ de revenu minimum pour pouvoir ramener un conjoint de l'étranger. Pour l'instant, la donne semble compliquée pour ce septuagénaire puisqu'il est à la retraite. Il pense toutefois que Jamal ne sera pas « un fardeau pour la société britannique », car « il va travailler ». « Je ferai tout mon possible pour le faire venir », a-t-il promis.

« Ne prenez pas vos smartphones avec vous… »

Ces déclarations peuvent être interprétées comme un nouveau pied de nez aux autorités marocaines, alors qu'il a été libéré grâce à une mobilisation internationale malgré une condamnation en première instance. Il se permet même de livrer quelques conseils aux homosexuels qui souhaitent rendre visite à leur « compagnon » au Maroc. « Ne prenez pas vos smartphones avec vous si vous devez rencontrer un Marocain, il faut être très prudent », conseille-t-il.

L'homme déplore par ailleurs ses conditions de détention, notamment l'effectif pléthorique dans les prisons et les conditions sanitaires. Son incarcération lui a laissé de mauvais souvenir. Mais, il conclut en affirmant qu'il serait « surpris » si les autorités marocaines venaient à condamner d'autres personnes comme lui pour leur homosexualité. Il est convaincu que « la communauté gay va se serrer les coudes », pour réagir.

 

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