HRW demande au Maroc de ne plus poursuivre les homosexuels

« Le gouvernement marocain devrait cesser de poursuivre des personnes en justice pour homosexualité », demande officiellement dans un communiqué daté du lundi 7 juillet Human Rights Watch (HRW).

UNE CHAMPIONNE MAROCAINE CONDAMNÉE À LA PRISON FERME

PÉDOPHILIE
Asmae Namli, coureuse cycliste et championne marocaine et arabe prometteuse, a été condamnée pour détournement d’une mineure.
Certaines carrières prometteuses se terminent mal, très mal. Des champions sportifs, atteints par la limite d’âge, se retrouvent sans ressources et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Mais l’histoire d'Asmae Namli est assez particulière. Cette coureuse cycliste, qui a enchaîné les titres au niveau arabe se trouve, depuis le 12 juin, dans la prison d’Aït Melloul, dans la région d’Agadir. Le chef d’accusation retenu contre cette championne laisse pantois.
Al Ahdath Al Maghribiya rapporte, dans son édition de ce mercredi 2 juillet, qu'Asmae Namli a été condamnée à deux mois de prison ferme pour détournement d'une mineure originaire de la ville d’Oujda.

Les faits. Selon le quotidien, la coureuse cycliste a fait la connaissance de la mineure en question, il y a deux ans, sur Internet. Au fil des discussions, devenues de plus en plus torrides avec le temps, elle la convainc de la rejoindre à Inzeggane, près d’Agadir. Surtout qu’elle lui a fait miroiter un mariage homosexuel et un départ pour s’installer en Turquie, toujours selon Al Ahdath Al Maghribiya. A en croire le journal, ells auraient eu des relations sexuelles. Les choses auraient encore pu s’arrêter là ou par une dispute orageuse. Que nenni ! Asmae Ennemli aurait livré la jeune fille à un individu recherché par la justice pour éponger une dette de 3.000 DH. La suite est dramatique : le repris de justice aurait obligé sa victime à consommer de la drogue et l’aurait déflorée.

De l’autre côté du pays, à Oujda, la famille de la victime faisait tout pour retrouver la jeune fille. La mère, dans ses recherches, a pu mettre la main sur des photos d’Asmae Namli et surtout des clichés où on voit la coureuse cycliste toute nue sur un lit, selon toujours Ahdath Al Maghribiya, embrassant une autre femme. Les investigations ont alors permis de remonter jusqu’à la coureuse cycliste.

le360

Maroc : Peine réduite pour deux hommes condamnés pour homosexualité


Deux Marocains condamnés pour homosexualité à Fqih Ben Saleh ont vu leur peine réduite en appel, a indiqué leur avocat Hadar Maidar.

Ils font partie des six Marocains condamnés en mai dernier pour « homosexualité », « prostitution », « ivresse sur la voie publique » et « conduite en état d’ébriété », après que le père de l’un d’eux ait découvert, sur le téléphone de son fils, un message compromettant avant de le dénoncer à la police.

Il avait porté plainte contre les 5 autres qui auraient fait subir à son fils des « pratiques déviantes ».

La peine du premier a été réduite à 10 mois au lieu de trois ans, alors que le second va faire trois mois de prison au lieu de deux ans. Me Maidar n’a pas donné de détails sur les peines des quatre autres condamnés, mais a indiqué que le juge a ordonné la libération des accusés au motif qu’ils étaient vraiment malades et avaient besoin d’être « soignés » dans un centre de réadaptation en tant que « victimes de la société ».

yabiladi.com

HRW demande au Maroc de ne plus poursuivre les homosexuels


« Le gouvernement marocain devrait cesser de poursuivre des personnes en justice pour homosexualité », demande officiellement dans un communiqué daté du lundi 7 juillet Human Rights Watch (HRW).

L’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) réagit à la confirmation en appel de peines de prison ferme prononcées à Fqih Bensalah contre six citoyens poursuivis pour homosexualité. Sarah Leah Whitson, responsable Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW, exhorte le Maroc à changer sa législation :
 Si le Maroc aspire à devenir un leader régional en matière de droits humains, il devrait prendre l’initiative d’abolir certaines de ses lois qui établissent une discrimination à l’égard de certaines activités entre adultes consentants pour la seule raison qu’ils sont du même sexe.
Selon HRW, la criminalisation de l’homosexualité « constitue une violation de droits humains fondamentaux qui sont protégés par le droit international ».
 L’ONG fonde son argumentaire sur le fait que le Maroc est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

 Elle note également que la Constitution marocaine s’engage à « bannir et combattre toute discrimination à l’encontre de quiconque, en raison du sexe (…) ou de quelque circonstance personnelle que ce soit ».

 HRW s’interroge sur « l’équité des procédures »

Pour rappel, six personnes inculpées pour homosexualité en mai 2014 ont été condamnées à des peines allant jusqu’à trois ans de prison (la peine maximale prévue par l’article 489 du code pénal, ndlr) et à l’expulsion de la ville au terme de leur détention.

 Ces verdicts ont été en partie confirmés le 2 juillet devant la Cour d’appel, qui « a réduit les deux peines de prison les plus longues, a assorti de sursis les autres peines de prison et annulé les mesures de bannissement », relève HRW.
L’ONG américaine soulève par ailleurs des interrogations sur « l’équité des procédures »« La Cour d’appel n’a appelé aucun témoin à la barre et n’a examiné aucun autre élément de preuve, et lors de l’audience, tous les accusés ont nié être homosexuels », estime HRW qui cite la défense des condamnés.
(avec AFP)

L’homosexualité au Maroc devient-elle moins tabou ?


Et si l’homosexualité pouvait être débattue? Une responsable au CNDH répond à la polémique soulevée par une députée PJD qui fustige la «normalisation» avec l’homosexualité par la nécessité d’un débat national sur la question.

«La polémique sur la question des homosexuels reflète la mentalité de la société marocaine», répond Nazha Bernoussi, chargée de projet au CNDH (Conseil national des droits de l'Homme), quand on l’interpelle sur la sortie récente d’une députée du PJD. Amina Maâ Al Aynin a interpellé, mardi 13 mai, le ministre des affaires islamiques, Ahmed Taoufiq sur la question de l’homosexualité. Elle a fustigé «les discours sur l’homosexualité véhiculés par les ONG qui portent atteinte aux fondements religieux des Marocains».

Nazha Bernoussi précise que la question de l’homosexualité «n’est pas primordiale pour le CNDH». Ce qui importe pour le moment pour l’instance officielle chargée du respect des droits humains, c’est la «non- stigmatisation des HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) infectés par le VIH », assure-t-elle.

Objectif : lutter contre le VIH chez les homosexuels

La responsable au sein du CNDH affiche ainsi sa distance par rapport à la polémique, mais ne botte pas en touche pour autant. «Il faut qu’il y ait un débat national pour trancher sur cette question», estime-t-elle.

Ce qui concentre les efforts du CNDH reste la non discrimination des minorités infectées par le VIH, objet de la campagne lancée conjointement par le ministère de la Santé et le Conseil national des droits humains. Le CNDH a pour mission de «concrétiser le respect des engagements internationaux pris par le Maroc en matière de droits de l’Homme et des libertés individuelles», rappelle-t-elle. Ces droits et libertés individuelles concernent aussi les HSH. 

Pour donner corps à cela, Nazha Bernoussi explique qu’il faut «harmoniser nos lois avec les stratégies nationales de lutte contre la discrimination des minorités infectées par le VIH ».

Tel Quel

Le PJD interpelle le ministre des affaires islamiques sur « la normalisation de l’homosexualité »

Le PJD interpelle le ministre des affaires islamiques sur « la normalisation de l’homosexualité »


Au cours de la session des questions orales qui s’est tenue, mardi 13 mai, à la chambre des représentants, la députée du PJD, Amina Maâ Al Aynin a interpellé le ministre des affaires islamiques sur les discours de quelques ONG qui font « l’éloge de l’homosexualité », selon elle.

La question de l’homosexualité a été soulevée au parlement par la députée du PJD, Amina Maâ Al Aynin qui demande au ministre des affaires islamiques, Ahmed Tawfiq de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la normalisation de celle-ci.

« Les discours sur l’homosexualité véhiculés par les ONG et d’autres site électroniques portent atteinte à la foi musulmane, aux fondements religieux des Marocains et à la stabilité du pays », a déclaré la députée. Maâ Al Aynin s’inquiète de la dernière campagne « L’amour n’est pas un crime » lancée par l’association Aswat à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie. « Ces messages qui font l’éloge de l’homosexualité ne nuisent pas seulement à notre référentiel musulman mais constituent une infraction à la loi », a-t-elle affirmé.

En guise de réponse, le ministre Ahmed Taoufiq a estimé qu’il faut dialoguer avec les homosexuels. Toutefois, il a précisé que ce dialogue a une certaine limite dans la mesure où « la commanderie des croyants protège la religion musulmane ». 

Ci-dessous l'intervention de la députée du PJD, Amina Maâ Al Aynin




TelQuel

Gay au Maroc: Six Marocains condamnés pour « homosexualité »


Six Marocains, accusés notamment "d'homosexualité", ont été condamnés par un tribunal de Fqih Bensalah, dans le centre du royaume, à des peines allant jusqu'à trois ans de prison, a indiqué mercredi le responsable d'une ONG locale, confirmant une information de presse.

Arrêtés le mois dernier, les six accusés, dont l'identité n'a pas été précisée, étaient poursuivis pour "homosexualité", "incitation à la prostitution" mais aussi "ivresse sur la voie publique" et "conduite en état d'ébriété", a affirmé à l'AFP Ahmed Amine Chaabi, de la Ligue marocaine de défense des droits de l'Homme (LMDDH), qui s'était constituée partie civile.

Plainte déposée par le père d’un des condamnés
Le tribunal de Fqih Bensalah,a prononcé lundi 12 mai des peines allant d'un an à trois ans de prison, selon la même source. Il a également ordonné leur expulsion de la ville une fois ces peines purgées, "conformément à l'article 41 de la loi pénale marocaine".
Ces six personnes avaient été arrêtées à la suite d'une plainte déposée par le père d'une d'elles. Il accusait les cinq autres "d'inciter" son fils "à avoir des comportements déviants", a indiqué M. Chaabi.

L’homosexualité fait débat dans la société
Ces condamnations interviennent quelques jours après la diffusion sur You Tube d'un clip dans lequel des personnalités de la société civile se prononcent en faveur d'une dépénalisation de l'homosexualité, à l'approche de la journée internationale contre l'homophobie, le 17 mai.
Pour rappel, une députée du parti islamiste Justice et développement (PJD, au gouvernement), Amina Maâ Al Aynin, a fustigé mardi cette vidéo publiée dans le cadre d'une campagne "L'amour n'est pas un crime".

Au Maroc, l'article 489 du code pénal punit tout acte sexuel entre deux personnes de même sexe d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement.


AFP

"Un récit de formation, âpre et cruel, d'un jeune homosexuel marocain"


Les cinéphiles redoutent, à tort ou à raison, l'infiltration de la littérature et, partant, des écrivains, sur leur terrain. Pour une Marguerite Duras exemptée de tout soupçon de naïveté ou de prétention par la radicalité même de sa démarche, combien d'usurpateurs romanesques dont il vaut mieux taire le nom ? Il faut donc saluer à sa juste valeur l'arrivée d'Abdellah Taïa parmi les rares transfuges qui réussissent haut la main le passage délicat d'un champ à l'autre.

Romancier d'origine marocaine installé en France, auteur d'une œuvre autobiographique qui fait une place prépondérante à l'homosexualité de son auteur, ce quadragénaire adapte dans son premier long-métrage l'un de ses romans, L'Armée du salut (Seuil, 2006). On retrouve dans son film la sécheresse précieuse de sa prose, cet art du détournement et de la suggestion propre à exprimer par la plus grande économie de moyens les plus grands bouleversements intimes.

Le film évoque en deux parties, fortement et étonnamment scindées, l'histoire d'Abdellah, adolescent d'un quartier populaire de Casablanca, puis jeune étudiant à Genève. La première de ces parties pose les données d'un problème que la seconde va, d'une certaine manière, résoudre violemment. Ce problème tient en peu de mots : c'est l'offrande sensuelle de tous les instants, offerte à un jeune homme par un pays que son organisation sociale et religieuse s'emploie méthodiquement à cadenasser. Problème accru pour Abdellah par une homosexualité qui le condamne à la clandestinité et à la vocation de paria.

Tout est ici marqué, aussi bien, par l'ambivalence des comportements et des sentiments. La description du giron familial – une famille pauvre, des enfants nombreux vivant dans un modeste deux-pièces – induit ainsi une impression mêlée de promiscuité, de répulsion, de tendresse et de désir.

D'un côté l'absence constante d'intimité, la surveillance mutuelle, la dureté du père ; de l'autre, la douce omniprésence féminine, et l'amour fou pour le frère aîné, d'autant plus exacerbé qu'il doit rester à jamais inavoué. A l'extérieur, le contraire : des amours accomplies avec des hommes mûrs, que leur condition d'exécution (assouvissement rapide de l'acte, décor de chantier propice, rémunération en marchandises) rend sordides.

Incroyable ivresse de liberté

Entre les deux mondes, finalement, la même loi qui veut que tout ce qui a trait à l'intimité des êtres, notamment sexuelle, doit rester caché, tapi derrière des murs ou des portes. Quelle incroyable ivresse de liberté, dès lors, que ce simple voyage au bord de la mer en compagnie du frère aîné, que la proximité de son corps dénudé dans la chambre d'hôtel, que la sensation d'émancipation qu'un début de timide dialogue entre les deux frères donne à Abdellah, quand bien même ce dernier serait encore le vecteur de l'omnipotence de la mère, qui l'a chargé de surveiller la probité sexuelle de son grand frère.

En dépit de son amertume (après tout, le grand frère est, comme le pensait la mère, bel et bien là pour les filles), ce voyage est un prologue au départ d'Abdellah, à cette rupture d'autant plus violente avec l'humus et la langue natals que le réalisateur l'introduit par une ellipse abrupte sobrement intitulée : " dix ans plus tard ".

Et le voici, dix ans plus tard en effet, à Genève, incarné par un autre acteur, à la beauté hiératique, seul dans la ville froide, rompant avec l'amant qui lui aura permis d'y venir pour poursuivre ses études de lettres, et échouant en attendant l'obtention de sa bourse pour quelques nuits à l'Armée du salut. Ni ici ni ailleurs. Autant arrêter ici la chronique de ce très beau film à la fois laconique et expressif, courageux aussi, qui tient quelque part entre Pier Paolo Pasolini (pour la poésie) et André Téchiné (pour le romanesque). Disons simplement que ce qui se déroule à l'Armée du salut est sans doute la première série de gestes gratuits qui illuminent le film, le font soudainement échapper à la négociation sourde du commerce des désirs et des corps, à l'assignation collective et répressive de l'identité. Une part de sa beauté tient au fait que la conquête de cette émancipation nous soit aussi montrée, dans une magnifique séquence finale, comme la reconnaissance d'une solitude partagée.

Jacques Mandelbaum

Film franco-marocain d'Abdellah Taïa.


Avec Saïd Mrini, Karim Ait M'Hand, Amine Ennaji, Frédéric Landenberg (1 h 24).

(Le Monde)

 

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