Des discussions libres, les couleurs du
mouvement qui meublent l’espace, des photos en guise d’illustration, des
textes de témoignage de célébrités marocaines pour soutenir les
homosexuels... C’est l'exposition en faveur des LGBT marocains.
« Nous militons pour la dépénalisation de l’homosexualité. C’est inconcevable que des gens soient condamnés de 3 mois à 3 ans de prison pour leur orientation sexuelle », nous déclare Soufyane Fares, activiste du MALI. « Nous voulons ouvrir le débat sur cette question que très peu défendent » poursuit-il. Très remonté contre les progressistes qui ne soutiennent pas les libertés individuelles, Fares affirme ne pas « comprendre les progressistes qui trouvent mille et une raisons pour ne pas soutenir les libertés individuelles alors qu’il déclarent être pour la démocratie et les droits de l’homme ».
L’expo a également recueilli un nombre de témoignage de personnalités marocaines qui soutiennent cette cause : Fatym Layachi, Naïma Zitan, Lamia Berrada-Berca, Sonia Terrab...
« Marocaine habitant à Paris, on me demande d’écrire un texte pour une campagne contre l’homophobie dans mon pays. On m’offre un droit de parole autant que les autres, le pouvoir de laisser une trace et de dire, c’est ici que la lutte a commencé. C’est durant cette période que nos lendemains seront faits. Des lendemains sans étiquettes, au service de corps sans tabou... », écrit, dans son témoignage, la journaliste et écrivaine Sonia Terrab.
« Un autre que soi : l’autre. Et parfois l’autre aime le même autre que lui. En être pareillement sincère à tous les autres désireux d’aimer jusqu’au bout d’eux-mêmes sans se soucier de ce que peuvent bien penser les autres. Dans un monde que perverti de jour en jour davantage le manque d’amour. En voulant préserver l’idée que l’amour ne peut qu’être vecteur de tolérance. L’amour fait l’ouvert. L’envers. Il contredit les sens interdits. Il dit. Libère la vérité d’un cri. Et que condamner ? Qui juger en réalité si ce n’est la violence innée de ceux qui refusent le droit à ce qui existe d’exister ? » Écrit dans un autre témoignage l’écrivaine Lamia Berrada-berca.
Un homosexuel, Rayan (pseudo), présent lors nous confie: « Je suis très heureux que cette expo soit organisée. On ne sent plus tout seul. On commence à sortir très doucement du tunnel ». Plus loin, Rayan explique « nous voulons également casser les clichés ambiants : dire que les homosexuels sont des efféminés est aussi absurde que de dire que le musulman est terroriste ». Pour lui, il y a beaucoup d’homosexuels au Maroc mais qui ne peuvent se dévoiler à cause de la pression sociale : « l’homosexuels est présents dans la société marocaine à différentes échelles de responsabilité. Il peut être votre avocat, votre banquier, votre professeur…»
Pas certain que les magistrats marocains aient le même point de vue : deux homosexuels viennent d'être condamnés à quatre mois de prison ferme à Salé.
Questionné sur la façon dont il vit son homosexualité au Maroc, Rayan nous dit avec beaucoup de positivité : « J’ai eu pas mal d’opportunités pour quitter le Maroc. J’ai décliné à chaque fois parce que j’ai beaucoup d’espoir. Je sens que quelque chose se passera dans les années qui viennent. Les choses sont en train de changer» conclut Rayan.
Nizar Bennamate (h24info.ma)










