Sondage: 8Marocains sur 10 disent rejeter l'homosexualité

Plus de huit Marocains sur 10 disent rejeter l'homosexualité, l'avortement ou encore le non-respect du ramadan en public, selon un sondage publié jeudi par l'hebdomadaire Tel Quel sur son site internet.

UN FRANÇAIS SOUPÇONNE D’ACTES PEDOPHILES A MARRAKECH

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Un Français, soupçonné d'agression sexuelle sur des enfants au Maroc, fait l'objet d'une enquête de la police judiciaire de Marrakech, selon un communiqué du ministère de la Justice, publié mercredi. Le quotidien Akhbar AL Yaoum parle d'« un nouveau Daniel Galvan ».

La police a « ouvert une enquête » mardi, après des soupçons d'agression sexuelle sur des enfants impliquant « un ressortissant étranger de nationalité française », selon un communiqué du procureur du roi auprès du tribunal de première instance de Marrakech.

Le ressortissant français, dont l'identité n'a pas été divulguée, est en « garde à vue », précise le communiqué. Il s'agirait d'un sexagénaire résidant à Marrakech depuis deux ans.

Cette affaire surgit à peine quelques semaines après l'arrestation, toujours à Marrakech, du Britannique soupçonné de pédophilie qui avait été condamné à 20 ans de prison, pour « enlèvement » et « tentatives de viol » sur mineures.

Un cas de plus qui met en exergue la question du tourisme sexuel… dont on ne parle pas suffisamment.  C'est pourtant une réalité palpable, visible. Pourquoi le Maroc attire-t-il tant de prédateurs ? S.D.L. avec l'AFP

Cheveux: le top 5 des coiffeurs de Casablanca

Par Dyna Elalamy

On ne va pas couper les cheveux en quatre mais c'est toujours une galère sans nom de trouver un bon coiffeur. Entre ceux qui te coupent parfaitement les cheveux, mais qui te foirent ta couleur une fois sur deux, ceux qui te demandent un bras avant de te toucher et ceux qui ont une réputation mais pas une once de professionnalisme tu ne sais plus à quelle paire de ciseaux te vouer.


Pour te faciliter la vie et t'éviter les mauvaises surprises, j'ai pris le risque de confier ma tignasse à un nombre incalculable de coiffeurs avant de sortir ce top 5 des coiffeurs de Casablanca. C'est officiel, avec ce top 5, la frange en escalier et les teintes orangées ne passeront plus par toi, parole de Zilli!

 
 
1-Lucie Saint-Clair By Saida

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C'est dans une ambiance féminine et agréable que la propriétaire des lieux te reçoit, sourires et politesse: ce n'est pas le salon où on te reçoit comme dans un moulin. Ici, tu te sens chez toi, on connait ton nom, on te propose un café, une bouteille d'eau, on te met à l'aise et surtout on te conseille.

Tu passes au shampoing sous les mains expertes de Nadia, qui te masse le cuir chevelu pendant une vingtaine de minutes et tu es déjà débarrassée d'une dose de stress importante.

 

Les plus: Un brushing au top et des cheveux brillants que je ne retrouve chez aucun autre coiffeur.

Les moins: Le côté un peu « salamalek », avant d'arriver il faut être tirée à quatre épingles de peur de rencontrer ta pire ennemie.

 

Prix du brushing: entre 80 et 150 DH selon la longueur de tes cheveux.

Adresse: 83 Boulevard El Massira, Casablanca. 05.22.25.02.72

 

2-Toni and Guy

 
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Je t'entends déjà me dire que ça vient d'ouvrir et que je ne peux pas déjà savoir si c'est bien ou pas: détrompe toi je suis une obsédée capillaire, si je m'écoutais je changerai de couleur 3 fois par mois, mais je sais que c'est mal donc je m'abstiens!

 

Tony and Guy te propose une ambiance londonnienne et  branchouille, plutôt sympa! L'accueil y est sympathique, mais ici, on est pas là pour sa faire des amis: c'est cordial sans plus et ça se la joue un peu (pas de mensonges entre nous).

En revanche si tu rêves de blond alors que tu es brune, c'est THE PLACE TO BE!

Un seul nom à prononcer Emmanuel, il s'occupe de toi, te chouchoute passe le temps qu'il faut pour que tu sois blonde et pas orange fluo!

 

Les plus: Un résultat époustouflant et en prime des cours de langues, parce qu'Emmanuel ne parle pas un mot de français à toi de te débrouiller avec tes 3 mots d'anglais et tes 2 mots d'espagnol. Le plus simple et d'y aller avec une photo.

 

Les moins:Hypra branchouille, si tu veux une coupe un peu classique ou si tu souhaites tout simplement faire un ton sur ton, ça n'en vaut pas la peine.

Prix: Les prix sont fixés selon le coiffeur que vous choisissez, mais pour une coupe/brushing par Emmanuel comptez à peu près 650 DH.

Adresse: 25 avenue des phares. 0522.36.90.98

 

3-Tribumode

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Tribumode c'est le « salon » exclusif dans lequel tu as l'impression d'être une star! Adil ne s'occupe que de toi et de toi seule! Tu as ce grand salon que pour toi et ça lui donne l'occasion d'explorer avec toi ce qui te va, ce que tu veux et surtout ce qui est possible de faire. C'est le seul coiffeur sur la place capable de te dire que tu va faire un fashion faux pas en testant telle ou telle coupe de cheveux.

 

 

Les plus: Tu ressors avec une confiance en toi décuplée, tu te sens belle et féminine.

 

Les moins: Si tu es une impatiente chronique tu risques de vite t'ennuyer parce que tu n'as pas grand monde avec qui discuter et surtout si tu y vas uniquement pour te faire couper les pointes ça ne vaut pas le coup! Adil est un artiste!

 

Prix: Selon ce que tu veux tu peux passer du simple au double, mais compte 600 DH pour une super coupe!

Adresse: 400 boulevard Zerktouni. 0633.00.00.83

 

 

4- Concept Coiffure

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Chez Concept coiffure vous êtes reçue comme une princesse par la propriétaire, on vous chouchoute, on vous met à l'aise. C'est un salon chaleureux dans lequel on se sent un peu comme à la maison. Tout le monde connait votre nom, tout le monde est sympa et tout le monde veut prendre soin de vous. C'est un havre de paix dans lequel se reposer quand on a de la peine et qu'on a besoin d'être boostée.

 

Niveau couleur, tu es servie ici la coloriste prend en compte tes goûts et tes attentes et se plie à tes 4 volontés.

 

Les plus: La coloriste et l'ambiance familiale.

Les moins: Pas vraiment de moins mais tu es dans le temple de la coiffure sans extravagance.

Adresse: 23 boulevard Massira Al Khadra. 05.22.23.43.76

 

 

5-Noor

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Noor c'est un peu un vieux de la vieille, un incontournable parmi les incontournables. Ici, c'est chaleureux et assez branché, on s'occupe de vous, on vous conseille et on vous dirige.

Quand Noor te coupe les cheveux tu ressors ravie et c'est vraiment son point fort. Ses coupes de cheveux sont inégalables et tu ressors avec la banane!

 

Les plus: Noor et ses coupes de cheveux, tu peux lui confier ta tête les yeux fermés et tu ne seras jamais déçue.

 

Les moins: Si Noor n'est pas là et si tu n'es pas certaine que ce soit lui qui te coupe les cheveux ce n'est pas la peine d'y aller. En plus je te parle du premier Noor et je te déconseille le Duo Spa By Noor.

 

Les prix: Entre 400 et 600 DH pour une coupe de cheveux réalisée par Noor.

 

Adresse: 9 Rue Najib Mahfoud. 05.22.20.68.00

Homophobie au Maroc: 8 Marocains sur 10 disent rejeter l'homosexualité

Plus de huit Marocains sur 10 disent rejeter l'homosexualité, l'avortement ou encore le non-respect du ramadan en public, selon un sondage publié jeudi par l'hebdomadaire Tel Quel sur son site internet.


D'après cette enquête réalisée par l'institut TNS, la "tolérance" est parmi les valeurs les plus appréciées des Marocains - 80% la jugent "très importante au quotidien" -, ainsi que le "respect de la tradition" et la "religion". Mais ils sont 83% à se dire "pas du tout favorables à la tolérance envers l'homosexualité" (11% "favorables"), relève Tel Quel.

Il en va de même pour la "liberté sexuelle", à laquelle 84% des sondés ne sont "pas du tout favorables".

Au Maroc, l'article 489 du code pénal punit tout acte sexuel entre deux personnes de même sexe d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

L'avortement est aussi rejeté par les sondés, qui sont 82% à s'y dire opposés. Cet acte est également puni par des peines d'un an à cinq ans de prison, même si des débats existent pour assouplir la législation, en cas d'inceste notamment.

Selon l'Association de lutte contre l'avortement clandestin (Amlac), entre 600 et 800 avortements clandestins sont malgré tout pratiqués chaque jour dans le royaume. Quant à la rupture du jeûne en public durant le mois de ramadan, passible de six mois de prison, le rejet atteint même 90% des sondés, dans un pays de près de 35 millions d'habitants où l'islam est religion d'Etat.

A l'inverse, 6% se disent "favorables" ou "très favorables à la tolérance pour les déjeûneurs". Enfin, près de sept Marocains sur dix (69%) sont favorables à la "tolérance envers les autres religions", mais 77% condamnent l'"apostasie".

D'après Tel Quel, le sondage a été réalisé par téléphone sur un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population marocaine âgée de plus de 18 ans, à une date non précisée.

Le groupe musical gayfriendly libanais, Mashrou’ Leila, atterri au Maroc. INTERVIEW

INTERVIEW - C'est ce lundi 10 novembre que Mashrou' Leila, le groupe alternatif libanais le plus en vogue, a atterri au Maroc.
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Mashrou' Leila est une formation musicale libanaise fondée en 2008 par un groupe d'étudiants de l'Université Américaine de Beyrouth. Ce qui devait être "le projet d'une nuit", d'où le nom du groupe, a rapidement pris de l'ampleur et conquis l'ensemble du monde arabe.
Le groupe a à son actif trois albums "Mashrou' Leila", "El Hal Romancy" et "Raasuk" aux sons pop rock marqué par la voix à la fois rocailleuse et suave de Hamed Sinno, le leader du groupe.
Mashrou' leila est un phénomène de la nouvelle scène musicale arabe qui a su dépasser les frontières de son pays et atteindre une renommée internationale. Après une tournée de plusieurs dates en Italie, au Caire et à Istanbul, ils se produisent au Maroc sur la scène du théâtre Mohammed V de Rabat dans le cadre du salon Visa For Music, le 13 novembre, face à plus de cent patrons de festivals venus de partout dans le monde.
Le Huffpost Maroc était là pour accueillir les 6 membres du band et les accompagner lors de leur première journée au Maroc. De l'aéroport Mohammed V où ils ont dû batailler pour qu'on leur délivre un visa d'entrée (ils n'avaient pas eu le temps de passer le récupérer au consulat marocain en Italie, où ils étaient en tournée), au tournage de l'émission Korsa Live sur 2M où ils ont été accueilli par les youyous du public, le HuffPost Maroc était avec eux.
Toute une journée passée avec les Mashrou' leila qui nous a permis d'en savoir plus sur ce groupe dont tout le monde parle. Nous avons eu l'occasion de discuter avec Hamed Sinno, le leader moustachu aux airs de Freddie Mercury.
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Huffpost Maroc: C'est votre première fois au Maroc?

Hamed Sinno: "Oui, c'est bien notre première fois. Nous étions vraiment excités à l'idée de venir visiter le Maroc. C'est un pays dont on entend beaucoup parler mais où nous n'avons jamais eu l'occasion de nous produire. Nous sommes ici pour 4 jours seulement mais comptons en profiter au maximum".

Vous vous produisez jeudi soir (13 novembre). Vous vous attendez à quel accueil?
"Sincèrement, nous ne savons pas à quoi nous attendre. Nous avons juste hâte de rencontrer notre public marocain. Vous savez, nous recevons beaucoup de messages de fans marocains sur les réseaux sociaux, mais c'est la première fois que nous avons l'occasion de les rencontrer. Il était question que l'on vienne au Maroc bien avant, mais ça ne s'est pas fait. Nous espérons que ce concert sera à la hauteur des attentes du public. Pour notre part, nous ferons le maximum pour les satisfaire."

Vous êtes un groupe de musique alternative qui réussit à percer dans une industrie musicale arabe formatée et mainstream. Comment vous vous positionnez par rapport à cette scène libanaise orientale ?

Ce n'est pas quelque chose que nous avons planifiée, nous voulions juste faire notre musique sans forcément appartenir à une quelconque industrie. Nous avons trouvé la bonne occasion et le bon timing pour créer quelque chose qui a réussi à vivre par elle même. La musique arabe mainstream est répétitive et n'est pas spécialement intéressante. C'est une musique qui surfe sur la tradition sans questionner le présent. Par contre, c'est sûr qu'il y a des artistes arabes qui arrivent à se démarquer par leur talent et leur voix. Les productions sont d'un niveau élevé, efficaces et sophistiquées, peu importe leur mouvance. Mais ce sont des musiques que nous n'écoutons pas spécialement, car on ne s'y retrouve pas. Pour nous, ce n'est pas représentatif de la réalité, en tout cas pas de la nôtre.

Vous avez participé dernièrement au Coke Studio Arabia, un concept qui a pour but de créer une rencontre musicale entre un artiste arabe et un autre occidental. Comment s'est passée la collaboration avec le producteur américain Nile Rogers sur "Get Lucky"?

Coke studio est une occasion qui ne se refuse pas. Nous le devions aux personnes qui ont cru en nous et au message que porte notre musique. Nous nous sommes attelés à ce projet de manière sérieuse même si nous étions contraints à respecter la version originale de "Get Lucky". Ceci dit, ce n'était pas intéressant pour nous en terme de production. C'était plus une occasion de rencontrer Nile Rogers, de profiter de son expérience et d'échanger sur nos visions respectives de la musique.

Et comment s'est passé la collaboration avec Hadi Charara, qui a notamment produit Karol Sakr, Melhem Barakat, qui sont assez loin de votre univers?

Hadi a une vision spécifique de la production musicale. C'est bien de connaître exactement ce que l'on veut lorsqu'on crée de la musique, avant même de rencontrer l'interprète. Néanmoins, Mashrou' Leila ne partage pas la même vision. Ce fut une expérience enrichissante. Bizarre (rires) mais intéressante.

Mashrou' Leila est un groupe engagé, vous évoquez la patrie dans "Lel Watan", vous parlez d'homosexualité dans "Shim El Yasmin". Pensez-vous que l'artiste a cette mission de faire évoluer les choses, surtout dans le contexte actuel au moyen orient?

"Non. Pour être honnête quand nous nous retrouvons pour répéter ou pour composer, les thèmes qu'on aborde se présentent de façon naturelle. Notre mission est de faire une musique qui nous ressemble sans nous autocensurer, ni nous aliéner pour plaire à tout le monde, pour avoir plus d'argent ou plus de followers sur Instagram (rires). Je dis ça parce que Haig est jaloux parce que j'ai plus de followers que lui (rires). Nous ne voulons pas changer le monde, nous parlons de choses qui nous interpellent.

Hamed, vous avez fait la couverture du magazine Têtu (magazine gay français). Quelles ont été les réactions du public?
"Têtu n'était pas vraiment un coming out, je n'ai jamais caché mon orientation sexuelle. C'était de notoriété publique bien avant la couverture de Têtu. Ça a juste été plus exposé du fait de la renommée internationale du magazine. Les réactions du public ont toujours été mitigées. Il y a les conservateurs qui pensent qu'un artiste ne devrait pas aborder ce genre de questions, mais il y a aussi des personnes qui nous soutiennent."

Avez-vous un message à adresser à vos fans marocains qui vous attendent jeudi sur la scène du théâtre Mohammed V?

"Nous remercions les fans qui nous ont contactés il y a 5 ans pour nous prévenir qu'une de nos chansons "Ghadan yawm afdal" avait été utilisée sans notre accord pour le générique d'une série au Maroc diffusée pendant ramadan. Et nous sommes impatients de les voir enfin!
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La dépénalisation universelle de l’homosexualité au Conseil des droits de l’homme des Nations unies : l’Afrique du Sud doit-elle encore montrer la voie ?

par Sarah Jean-Jacques, diplômée d'IRIS SUP' (responsable de programmes internationaux), étudiante en arabe littéraire à l'INALCO. Elle développe actuellement un projet de thèse en sociologie sur l'homosexualité féminine à Beirut. Thèmes de recherche : genre et sexualités, géopolitique de l'homosexualité 


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Le 15 juin 2011, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a adopté par 23 voix [1] contre 19 [2] et 3 abstentions [3] la résolution 17/19 relative à la dénonciation des violations des droits humains fondés sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre (OSIG). Cette résolution hautement symbolique s'inscrit dans le projet plus large de dépénalisation universelle de l'homosexualité au sein du système onusien.


Présentée conjointement par l'Afrique du Sud et le Brésil, cette résolution a marqué d'une part une étape historique dans la prise en compte des droits des personnes lesbiennes, gays, bi.e.s, et trans (LGBT) - car elle est la première à appeler à soutenir et à défendre les droits des personnes LGBT dans le monde entier - mais surtout la première à condamner les actes LGBT-phobes à l'échelle internationale. D'autre part, l'adoption de ce texte a propulsé l'Afrique du Sud au rang de leader moral de ce projet. 

L'Afrique du Sud, un candidat idéal ?

L'adoption de cette résolution n'aurait jamais pu se concrétiser sans l'implication d'un grand Etat africain. En effet, dans le cadre d'une stratégie visant à éviter toute accusation d'impérialisme, l'Afrique du Sud s'est avéré être un allié et un candidat idéal, aux yeux de nombreux diplomates occidentaux, notamment français, pour être à l'avant-garde du combat pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité. En effet, le hard et le soft power dont le pays dispose lui permettent d'être à la fois une puissance régionale incontestée et un médiateur influent assurant une fonction d'interface entre le Nord, l'Ouest et le Sud, et plus particulièrement en Afrique. En d'autres termes, l'Afrique du Sud s'avèrerait être un atout remarquable pour influencer la majorité des Etats africains afin qu'ils considèrent la question de l'OSIG et s'impliquent à leur tour dans le projet de dépénalisation universelle de l'homosexualité. D'autre part, en tant que pionnière en matière de lutte pour les droits civiques, la Nation arc-en-ciel s'est imposée comme modèle politique - depuis la fin du système d'apartheid sous l'égide de Nelson Mandela- et en tant que précurseur de la défense des droits des personnes LGBT en Afrique et dans le monde grâce à une Constitution avant-gardiste (1996), qui instaura le respect de l'orientation sexuelle comme principe constitutionnel (notamment grâce à l'engagement de Edwin Cameron et de Desmond Tutu). 

Bénéficiant d'une aura morale et en tant qu'acteur phare des droits humains, l'Afrique du Sud est donc considéré comme devant être un défenseur et un promoteur des droits humains au niveau régional et international. 
Pourtant, ses positions contradictoires sur la question et l'ambiguïté de sa politique étrangère, questionnent l'ambition de l'Afrique du Sud à jouer un rôle déterminant dans le projet de dépénalisation universelle de l'homosexualité. 


Un Etat en quête d'identité

Depuis que les Nations Unies se sont emparées de la problématique de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre en 2003, l'Afrique du Sud a multiplié les prises de positions ambivalentes, notamment entre 2008 et 2014.
En 2008, lorsque la France présenta la « Déclaration relative aux Droits de l'homme et à l'orientation sexuelle et l'identité de genre » devant l'Assemblée Générale des Nations Unies, l'Afrique du Sud refusa de soutenir ce texte par crainte de s'opposer et de se désolidariser du continent africain suite à la lecture d'une contre-déclaration [4] de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), qui condamnait de manière virulente le terme d'« orientation sexuelle ». Toutefois, un revirement eût lieu en 2011, lorsque l'Afrique du Sud a été reconnue comme leader moral en faveur d'une reconnaissance de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre au niveau mondial. Malgré, cet engagement fort de sens, le pays n'a pas réussi à rester à la hauteur : l'annulation du séminaire pour la région Afrique qui devait se tenir à Johannesburg en 2013, au même moment que ceux de Paris, Katmandu et Brasilia est révélatrice d'un échec de l'Afrique du Sud à assumer ses choix face à ses alliés africains. Le vote de l'Afrique du Sud pour une résolution sur la protection de la famille [5] adoptée par le Conseil des droits de l'Homme, le 26 juin 21014, a fait l'effet d'une bombe car cette dernière nie l'hétérogénéité de la « famille » qui existe sous de multiples formes (les familles homoparentales par exemple), vient contrer frontalement la résolution 17/19 – affirmant l'égalité inaltérable entre les êtres humain quelle que soit leur orientation sexuelle - et questionne les réels engagements moraux et politiques de l'Afrique du Sud. Vivement critiquée, l'Afrique du Sud se retrouve donc face à un dilemme qui la pousse à épouser des identités, qui lui servent selon ses intérêts. 

Ces nombreux positionnements ambivalents depuis 2008 sont à l'image d'une Afrique du Sud trop « gourmande », qui souhaite bénéficier d'une légitimité à la fois régionale et internationale, tout en restant fidèle à ses engagements constitutionnels forts notamment en matière de droits relatifs à l'OSIG mais préservant des liens solidaires avec ses pairs africains. Les contradictions du gouvernement à l'égard de l'OSIG reflètent donc une quête d'identité compliquée, après des décennies d'une politique d'apartheid dévastatrice et des siècles de colonisation occidentale. Cette quête se traduit par des tensions vives entre deux composantes centrales des luttes anti-apartheid : d'une part la démocratie et les droits de l'homme et de l'autre l'anti-impérialisme et la solidarité Sud-Sud. L'Afrique du Sud se retrouve à devoir « choisir son camp » car elle est tiraillée entre la poursuite d'intérêts, qui ne convergent pas forcément, voire qui sont aux antipodes. 

L'Afrique du Sud a-t-elle toujours un rôle crucial à jouer ?

Le 26 septembre 2014, une résolution relative à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre, présentée par le Chili, l'Uruguay et la Colombie a été adoptée par 25 [6] voix contre 14[7] et 7[8] abstentions, lors de la 27ème session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (OHCHR). Durant cette session, l'Afrique du Sud s'est illustrée par l'abandon de son leadership. En effet, le pays n'a pas souhaité faire partie du groupe à l'origine de la résolution, bien qu'il ait voté en faveur de ce texte. Cette posture explicite, exprime l'échec actuel de l'Afrique du Sud à traduire son potentiel en influence et trouve ses origines dans une politique étrangère en pleine mutation depuis la première présidence post-apartheid. L'inaction de l'Afrique du Sud depuis la conférence d'Oslo en 2013 illustre l'ambiguïté de ses choix géopolitiques à l'international. En effet, la place des droits humains en tant que pilier de sa politique étrangère a été au cœur d'une évolution constante au sein des différents gouvernements post-apartheid. Et à l'heure actuelle, la politique de Jacob Zuma est bien éloignée de la vision de Nelson Mandela. Que ce soit au niveau national, régional ou international, des évolutions inquiétantes ont émergé à travers notamment le rapprochement de l'Afrique du Sud avec des régimes peu attachés au respect des droits de l'homme, comme la Russie et la Chine, lors de résolutions votées aux Nations Unies. En réaffirmant son attachement à la défense et à la promotion des droits humains en 2011 et en 2014, l'Afrique du Sud a fait reconnaître sa légitimité dans un environnement multilatéral complexe, et ce au détriment de ses alliances Sud-Sud. Toutefois, la multiplication de prises de positions ambivalentes, en particulier sur les questions relatives à l'OSIG remet en question les véritables aspirations et engagements du pays. Il est évident que des rapports de force s'exercent au sein même du gouvernement de l'ANC et puissent expliquer une telle « bipolarité ». Alors que l'Afrique du Sud a un rôle crucial à jouer dans le projet de dépénalisation universelle de l'homosexualité, la crédibilité du pays dépendra dans une large mesure de la manière dont il va se conduire en tant que démocratie et champion des droits humains alors que le souhait de préserver ses relations avec les autres pays africains, qui ont pour certains récemment promulgué des lois anti-homosexualité sévères (comme l'Ouganda et le Nigéria) est toujours prégnant.  

[1] Argentine, Belgique, Brésil, Chili, Cuba, Équateur, Espagne, États-Unis d'Amérique, France, Guatemala, Hongrie, Japon, Maurice, Mexique, Norvège, Pologne, République de Corée, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, Slovaquie, Suisse, Thaïlande, Ukraine, Uruguay. 
[2] Angola, Arabie saoudite, Bahreïn, Bangladesh, Cameroun, Djibouti, Fédération de Russie, Gabon, Ghana, Jordanie, Malaisie, Maldives, Mauritanie, Nigéria, Ouganda, Pakistan, Qatar, République de Moldova, Sénégal. 
[3] Burkina Faso, Chine, Zambie
[4] Signée par la majorité des pays arabes et 31 états africains. 
[5] Pour : Afrique du Sud, Algérie, Arabie saoudite, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Chine, Congo, Côte d'Ivoire, Émirats arabes unis, Éthiopie, Fédération de Russie, Gabon, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Kenya, Koweït, Maldives, Maroc, Namibie, Pakistan, Philippines, Sierra Leone, Venezuela et Viet Nam. 
Contre : Allemagne, Autriche, Chili, Estonie, États Unis, France, Irlande, Italie, Japon, Monténégro, République de Corée, République tchèque, Roumanie et Royaume Uni
[6] Argentine, Autriche, Brésil, Chili, Costa Rica, Cuba, République tchèque, Estonie, France, Allemagne, Irlande, Italie, Japon, Mexique, Monténégro, Pérou, Philippines, Corée du Sud, Roumanie, Afrique du Sud, Macédoine, Royaume-Uni, États-Unis, Venezuela et Viêt Nam. [7] Algérie, Botswana, Côte d'Ivoire, Éthiopie, Gabon, Indonésie, Kenya, Koweït, Maldives, Maroc, Pakistan, Russie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis. 
[8] Burkina Faso, Chine, Congo, Inde, Kazakhstan, Namibie, Sierra Leone
 

* Consulter le mémoire de Sarah Jean-Jacques réalisé dans le cadre du diplôme Responsable de programmes internationaux d'IRIS Sup' : "L'Afrique du Sud et la dépénalisation universelle de l'homosexualité : échec d'un acteur phare des droits humain".

Forum mondial des droits de l’Homme à Marrakech: de nombreuses associations gays ont été conviées à l’évènement alors que l’homosexualité est interdite au Maroc

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L'Association Marocaine de Défense des Droits Humains (AMDH) et la Ligue Marocaine de Défense des Droits de l'Homme (LMDDH) ont annoncé refuser de participer au colloque international des droits de l'Homme, qui se tiendra du 27 au 30 novembre à Marrakech. 

Les deux associations marocaines accusent le gouvernement d'instrumentaliser cette rencontre, alors que le bras de fer entre les ONG et l'Etat s'intensifie. Le Maroc attend la venue de 5000 personnes issues de 94 pays.

Ces dernières organiseront dans la même ville des manifestations parallèles pour faire entendre leurs voix. L'AMDH, l'une des associations emblématique au Maroc, a été la première à faire part de son absence via son site internet. Celle-ci dénonce les obstacles récurrents auxquels doivent faire face les associations sur le terrain, et les graves problèmes de santé publique. Quant à la LMDH, elle dénonce un climat d'injustice.

Avant ces deux annonces, un autre problème avait vu le jour avec la demande de participation de l'organisation sahraouie CODESA. Cette dernière, dirigée par Haminatou Haidar, avait prévu d'être présente au forum mais n'aurait pas obtenu son accréditation officielle.

Enfin, un autre sujet épineux à vouloir s'inviter au forum : l'homosexualité. De nombreuses associations gays ont été conviées à l'évènement alors que l'homosexualité est toujours interdite au Maroc et a récemment fait l'objet de plusieurs polémiques.

Ray Cole: Morocco again? Non, je pense pas que je pourrais revenir, au moins pour le moment

Morocco: Is Jailing Gay People the Right Thing to Do?

Le Maroc a finalement abandonné toutes les charges contre le Britannique Ray Cole et son compagnon, emprisonnés le mois dernier à Marrakech pour homosexualité.

« J'ai entendu aujourd'hui, le 17 novembre, que toutes les charges contre moi et Jamal ont été abandonnées et maintenant nous pouvons mettre cet horrible épisode derrière nous », a déclaré Ray Cole hier au site Pinknews.

Ray Cole, dont les charges ont été finalement abandonnées, ne garde pas une dent contre le Maroc. Même s'il qualifie son incarcération d'« erreur majeure », il ne cautionne pas l'idée d'un boycott touristique du Maroc. « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de boycotter le Maroc », a-t-il indiqué à PinkNews en réaction au retrait des enchères pour un voyage à Marrakech. « Les gens qui sont offensés ne sont pas ceux qui causent les problèmes », a indiqué Cole. Mais ce dernier exclu pour l'instant toute idée d'un retour au Maroc : « Non, je pense pas que je pourrais revenir, au moins pour le moment ».